L’œuvre de Laurent BOSIO n’est pas de celles qui laissent indifférent; elle est tellurique, tranchée et libre comme son auteur qui aime à répéter : « on aime ou on déteste ».

Ce qui est remarquable – dans ce travail initié depuis plus de vingt ans – c’est la force et la sincérité qu’il dégage : des premiers monstres polychromes en résine et métal jusqu’aux bonzaïs d’aujourd’hui, il est aisé de mesurer la valeur accordée par l’artiste au travail et au métier.

Remarquable également cet imaginaire toujours en mutation, servi par le dessin et la couleur, qui donne vie au bestiaire fantastique de l’artiste.

Par raccourci, je dirai que c’est évident et facile pour lui, tant la complexité du monumental est une dimension qu’il affectionne.

Laurent BOSIO est de ceux qui peuvent et osent débrider leur imagination au-delà des conventions, livrant avec humour son univers où l’exagération devient le centre des choses …
Et n’y-a-t-il pas plus niçois que ce trait-là ? N’en déplaise à certains si son œuvre singulière fait grincer des dents : l’homme ne fait pas dans la dentelle.

Il dit souvent que la forme n’est qu’un prétexte à l’évolution, qu’il puise dans son environnement la force de la transformation : les racines d’un arbre, le faciès d’un rocher, le mobilier urbain, la rue, le marché, l’automobile, les gens. Un tout qu’il remixe et devient organique. Une œuvre qui déborderait un espace physique et mental trop étriqué ; une œuvre qui parle de liberté quand d’autres parlent de beau ou de laid ; un artiste qui joue de l’impact visuel comme il tire aux fléchettes : l’important étant d’atteindre la cible en un minimum de coups.

Alors, si dans ses créations, Laurent BOSIO affirme haut cette vérité, c’est sûrement parce que dans la vie quotidienne, je ne le connais que modeste, sincère et généreux.

Gérard PETTITI